Projet — Choix des noms

La sélection

Les cent femmes* représentées par ce projet symbolique ont été sélectionnées selon les mêmes critères que ceux utilisés actuellement à Genève. C’est-à-dire qu’elles* doivent être des personnes qui sont “décédées, en principe, depuis plus de 10 ans et qui ont marqué de manière pérenne l'histoire de Genève”[1]. Le choix de ces cent femmes* s'est fait le plus possible dans une logique intersectionnelle. Bien sûr, les femmes* dont il reste des traces dans la mémoire collective sont souvent celles* appartenant à des catégories sociales privilégiées. Malgré cela, le projet 100Elles* a tenu à prendre en compte les personnes minorisées, notamment à cause de leur classe, leur race, leur religion, leur identité de genre ou leur orientation sexuelle, dans la mesure où les sources historiques le permettaient.

Il nous semblait fondamental d’apporter une dimension intersectionnelle à notre projet lors de la sélection des cent femmes* bien que, dans les faits, il s'est révélé difficile de réaliser cet objectif comme nous l’aurions voulu. Dans cette optique, nous avons travaillé avec des historien.ne.x.s de l'Université de Genève de manière à porter une attention particulière à toutes les formes de discriminations sociales.

Travail des historien.ne.x.s

Le travail de sélection des cent femmes* fut un long, mais passionnant travail auquel ont participé plusieurs membres de l’Escouade et onze historien.ne.x.s de l’Université de Genève : Laure Piguet, Daniela Solfaroli Camillocci, Myriam Piguet, Sarah Scholl, Anne-Lydie Dubois, Caroline Montebello, Pamela Ohene-Nyako, Jade Sercomanens, Roland Carrupt, Annick Morard et Mathilde Sigalas. Nous avons travaillé sur nos pauses de midi les jeudis avec nos ordinateurs, nos livres et des cartes de la Ville de Genève. Nous avons énormément appris sur l’Histoire de Genève et les historien.ne.x.s nous ont raconté d'étonnantes anecdotes sur la vie de ces femmes*. Ces réunions étaient intenses, car le choix des femmes* et des rues représentait un énorme travail, mais nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler sur ce pan du projet.

Tout d’abord, nous avons fait un grand « brainstorming » pour trouver le plus de personnalités possibles correspondant aux critères de nomination des rues, grâce auxquels nous avons trouvé plus de 130 femmes*. Pour cela, nous avons chacune fait des recherches en ligne (merci aux « sans pagEs »[2]), dans plusieurs ouvrages, en consultant d’autres historien.ne.x.s de l’UNIGE spécialiste.x.s de certaines époques ou thématiques, ainsi que des guides de Genève Escapade. Ce travail nous a permis de découvrir plus de 130 femmes* que nous avons classées selon dix thématiques (militantisme, arts de la scène, Genève internationale, politique, savoirs et sciences, professions libérales, industrie, théologie, art et littérature, et pluriElles*), correspondant aux dix quartiers que nous avons choisi d'investir avec les plaques de rues. Suite à cela, tout en essayant de respecter les thématiques que nous avons attribuées aux différents quartiers, nous avons choisi pour chaque femme* la rue qui lui convenait le mieux: l’endroit où elle* a vécu ou travaillé par exemple, ou une rue dont le nom actuel a un lien avec sa vie. Il y a donc quelques femmes* qui ne correspondent pas à la thématique de leur quartier, mais qu’il était plus logique de placer dans telle ou telle rue au vu de leur histoire. Finalement, pour la plaque de chaque femme*, nous avons cherché le meilleur intitulé afin qu'il ne soit pas trop long, mais tout de même révélateur de son parcours de vie. À chaque étape, nous avons fait attention de choisir des personnalités de diverses époques, qui ont occupé différentes fonctions, et qui correspondent à différentes classes sociales.

En savoir plus sur

1 Règlement sur les noms géographiques et la numérotation des bâtiments, L 1 10.06, Art. 13

2 Les sans pagEs, https://fr.wikipedia.org/wiki/Projet:Les_sans_pagEs