Virginie BARBET

vers 1824- ?, militante anarchiste et kiosquière

Les dates ainsi que les lieux de vie et de mort de Virginie Barbet, militante anarchiste, écrivaine et kiosquière, n’ont, jusqu’à présent, pas pu être retrouvés. Une Madeleine Barbet est née le 20 février 1824 à Saint-Denis-lès-Bourg en France, mais il n’est pas certain que ce soit elle.

La première trace des activités de Virginie Barbet remonte à juillet 1868. Tenancière d’un débit de boissons à Lyon, elle signe un manifeste de soutien à la Société parisienne pour la revendication du droit des femmes. Elle est également en charge de la gestion des finances de la Commission d’initiative au congrès de Bruxelles de l’Association internationale des travailleurs (septembre 1868), une commission fondée dans le but de réorganiser les sections lyonnaises de l’Internationale ouvrière. Elle prend aussi la parole au nom des femmes sociales-démocrates de Lyon lors du congrès de la Ligue de la paix et de la liberté à Berne (octobre 1868).

En juin 1869, Virginie Barbet participe à la création du groupe lyonnais de l’Alliance internationale de la démocratie socialiste, organisation bakounienne née d’une scission lors du précédent congrès de la ligue. Cette dissociation de l’aile gauche des congressistes a lieu à cause du refus, par la majorité du congrès, de ratifier une résolution affirmant le lien fondamental entre la paix et les questions sociales, en d’autres termes une résolution qui stipule qu’il ne saurait y avoir de paix durable sans l’égalité économique et sociale entre les humains. La signature de Virginie Barbet se retrouve encore au bas d’un appel exigeant le soutien des femmes du Creusot, l’une des plus importantes villes industrielles de France en Saône-et-Loire, à la grève des métallurgistes de mars 1870, grève née d’une opposition à une baisse salariale. Il est probable qu’elle ait ensuite participé à la Commune du Creusot – une tentative rapidement réprimée de prise de pouvoir de la ville par un Comité républicain et socialiste en mars 1871 –, une dénommée « femme Barbet » y est condamnée par contumace. En 1871, Virginie Barbet publie en outre Réponse d’un membre de l’Internationale à Mazzini, brochure de propagande dans laquelle elle expose sa doctrine politique en s’opposant aux conceptions mazziniennes. Anarchiste, elle soutient, entre autres, que l’égalité ne saurait être réalisée sans l’abolition de l’héritage ainsi que de la propriété illégitime (c’est-à-dire la propriété ne résultant pas du travail individuel) et que le sol tout comme les matières premières doivent relever de la propriété collective.

La trace de Virginie Barbet se retrouve à Genève en 1873. Elle y est membre de la Section de propagande et d’action révolutionnaire socialiste. Elle tient un kiosque à la place de Chevelu où elle vend notamment le Bulletin de la Fédération jurassienne, journal anarchiste. Depuis Genève, elle écrit le texte Religions et libre-pensée, publié en 1881. Elle participe à un débat organisé lors de la commémoration de la Commune de Paris qui a lieu à Genève le 18 mars 1881. En 1901, deux textes politiques – Rayon d’avenir, l’abolition du paupérisme et La veuve rouge et ses amants – sont publiés par une V. Barbet. Il pourrait s’agir de la même personne sans que cela ne soit attesté. À partir de cette année-là, plus aucune trace de Virginie Barbet n’a été retrouvée.


Biographie : Laure Piguet

Travaux
  • Déisme et athéisme, profession de foi d’une libre penseuse, Lyon, Association typographique, 1869.
  • Réponse d’un membre de l’Internationale à Mazzini, Lyon, Association typographique, 1871.
  • Religions et libre-pensée, Genève, Imprimerie jurassienne, 1881.
  • Rayon d’avenir, l’abolition du paupérisme, signé par V. Barbet, il n’est pas certain qu’elle en soit l’autrice, Meulan, Auguste Réty, 1901.
  • La veuve rouge et ses amants, signé par V. Barbet, il n’est pas certain qu’elle en soit l’autrice, Meulan, Auguste Réty, 1902.
Bibliographie
100 Elles* - Le recueil

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L’avenue Ruth Bösiger ? La rue Grisélidis Réal ? Ou le boulevard des Trente Immortelles de Genève ? Si ces noms ne vous disent rien, c’est parce que ces rues n’existent pas. Ou pas encore... À Genève, l'Escouade a fait surgir cent femmes* du passé où elles avaient été enfouies, en installant de nouveaux noms de rues dans la ville. Le livre 100Elles*constitue le recueil de ces cent portraits illustrés.

Cent biographies de femmes ayant marqué l'histoire du VIe au XXe siècle pour lutter contre l'effacement des figures féminines de la mémoire collective et les mécanismes patriarcaux de l’historiographie.

Cet ouvrage est le fruit d'un travail collaboratif, local et inclusif. Rédigé par des historiennes de l’Université de Genève et réalisé sous la direction de l’Escouade, il est illustré par dix artistes genevoises, alumnae de la HEAD – Genève, partenaire du projet.

Ouvrage disponible en librairie et sur le site des Editions Georg: https://www.georg.ch/100elles