Helvi SIPILÄ

1915-2009, fonctionnaire de l’ONU

Née Maukola le 5 mai 1915 à Helsinki et décédée le 15 mai 2009 dans cette même ville, Helvi Linnea Aleksandra Sipilä est une avocate, politicienne finlandaise et fonctionnaire internationale. Secrétaire générale assistante de l’Organisation des Nations unies (ONU) de 1972 à 1980 en charge du Centre de développement social et des affaires humanitaires, elle préside la première Conférence mondiale sur les femmes organisée par les Nations unies en 1975, à Mexico.

Fille de Vilho Maukola et Aleksandra Sanni Lucina Keisari, fermier.ère.s aisé.e.s, Helvi Maukola obtient son diplôme de droit à l’Université de Helsinki en 1939. Elle se marie la même année et donne naissance à quatre enfants entre 1940 et 1945. En 1941, elle termine l’école d’avocature. Les femmes sont alors rares à pratiquer le droit en Finlande, mais elles profitent du départ des hommes pour le front. Pendant la guerre, Helvi Sipilä est ainsi juge adjointe aux cours de justice de plusieurs municipalités de Helsinki et travaille épisodiquement pour la Cour administrative suprême et la Cour suprême de Finlande. En 1943, elle ouvre son propre cabinet d’avocate. À côté de son travail, elle s’implique dans de multiples tâches bénévoles dans la sphère nationale et internationale, dont la présidence de la Fédération internationale des femmes avocates entre 1954 et 1958. Entre 1960 et 1972, elle représente la Finlande dans divers organes de l’ONU, dont la Commission de la condition de la femme.

En 1972, Helvi Sipilä devient secrétaire générale assistante de l’ONU. À une époque où 97 % des cadres de l’organisation sont des hommes, c’est la première fois qu’une femme occupe un poste aussi prestigieux. Helvi Sipilä est alors en charge du Centre de développement social et des affaires humanitaires, qui traite notamment des questions de droits des femmes et de la prévention des crimes. Secrétaire générale de la Conférence mondiale sur les femmes de Mexico en 1975, elle a, la même année, une grande influence dans l’organisation de l’Année internationale des femmes ainsi que sur la mise en place de la Décennie pour les femmes organisée par l’ONU entre 1975 et 1985. Elle a également un rôle décisif dans l’établissement d’un fonds de développement de l’organisation internationale pour les femmes.

Helvi Sipilä quitte l’ONU en 1980, à la fin de son mandat. Elle reste néanmoins active sur la scène internationale, notamment en tant que membre du Comité international de l’Association mondiale des guides et éclaireuses, un mouvement scout féminin. En 1982, elle est choisie comme candidate du Parti national libéral finlandais pour les élections présidentielles. Première femme candidate à la présidentielle en Finlande, elle termine en cinquième position. En 2001, Helvi Sipilä reçoit un prix de l’Association internationale du barreau pour sa carrière remarquable, elle meurt, huit ans plus tard, à Helsinki.


Biographie : Myriam Piguet

Bibliographie
100 Elles* - Le recueil

Retrouvez cette biographie dans le recueil

L’avenue Ruth Bösiger ? La rue Grisélidis Réal ? Ou le boulevard des Trente Immortelles de Genève ? Si ces noms ne vous disent rien, c’est parce que ces rues n’existent pas. Ou pas encore... À Genève, l'Escouade a fait surgir cent femmes* du passé où elles avaient été enfouies, en installant de nouveaux noms de rues dans la ville. Le livre 100Elles*constitue le recueil de ces cent portraits illustrés.

Cent biographies de femmes ayant marqué l'histoire du VIe au XXe siècle pour lutter contre l'effacement des figures féminines de la mémoire collective et les mécanismes patriarcaux de l’historiographie.

Cet ouvrage est le fruit d'un travail collaboratif, local et inclusif. Rédigé par des historiennes de l’Université de Genève et réalisé sous la direction de l’Escouade, il est illustré par dix artistes genevoises, alumnae de la HEAD – Genève, partenaire du projet.

Ouvrage disponible en librairie et sur le site des Editions Georg: https://www.georg.ch/100elles