Geneviève CALAME

Geneviève CALAME

1946-1993, musicienne

Née le 30 décembre 1946 à Genève et décédée le 8 octobre 1993 dans cette même ville, Geneviève Calame est pianiste, improvisatrice ainsi que chercheuse dans le domaine électroacoustique et une artiste audiovisuelle. Elle est la compositrice suisse la plus jouée de sa génération.

Fille de deux médecins genevois, Artémis Ungericht, également poétesse, et André Calame, chirurgien, Geneviève Calame grandit dans une fratrie de trois enfants et suit des études de piano à Genève, Sienne et Rome. Fascinée par les technologies instrumentales électroniques et par la musique électroacoustique, elle se perfectionne dans ces domaines aux États-Unis, à Paris, puis à Stockholm. De retour à Genève au début des années 1970, elle fonde le Studio de musique électronique, de vidéo et d’informatique (1972) avec son mari Jacques Guyonnet, lui-même compositeur, chef d’orchestre et écrivain. Elle enseigne la musique au cycle d’orientation et ensuite à l’École supérieure d’art visuel de Genève. Mère de deux enfants, et très engagée sur le plan pédagogique, elle organise, pendant les années 1980, des concerts de musique adressés aux enfants. Convaincue de la nécessité d’abandonner les constructions intellectuelles affirmant une asymétrie entre sons « naturels » et « artificiels », elle se bat pour une création artistique libre.

Souvent sur scène, Geneviève Calame est aux honneurs du Festival de Lucerne en aout 1992 et s’exprime dans la presse, à la radio ou encore à la télévision. Dans ses interviews, elle dénonce avec humour les critiques qui insistent sur le fait qu’il serait exceptionnel de voir des compositrices sur scène et associe leurs commentaires à des préjugés poussiéreux. De son côté, elle souligne l’importance de l’engagement professionnel et familial de sa mère pour son évolution personnelle, et considère la composition comme une profession mixte. Elle tient à souligner que la musique en elle-même met en valeur moins les différences et les hiérarchies des rapports sociaux de sexe que les similitudes, les échanges et les symétries.

Vers la fin de sa vie, Geneviève Calame collabore avec le Département de la santé de Genève dans la conceptualisation et la recherche de thérapies musicales centrées sur la respiration, comme moyen de favoriser la réponse immunitaire aux thérapies des soignant.e.s. Malade elle-même d’un cancer qui l’emporte précocement, elle produit de la musique palliative pour les hôpitaux de Genève.

Tout au long de son parcours d’artiste, Geneviève Calame a composé de la musique avec des synthétiseurs pour des installations audiovisuelles, aussi bien que des partitions pour orchestre classique. Elle laisse une œuvre remarquable d’une trentaine de pièces très originales sur le plan stylistique.


Biographie : Daniela Solfaroli Camillocci

Œuvres (sélection)
  • Le fils de l’homme, triptyque pour orchestre symphonique : I Différentielle verticale (1974), pour soprano et orchestre symphonique, 6 minutes 24 ; II Alpha futur (1976), pour orchestre symphonique et soprano ad lib., 5 minutes 55 ; III Les aubes d’Onomadore (1977-1978) pour instruments africains et orchestre symphonique, 20 minutes.
  • Calligrammes (1983-1984), pour harpe et orchestre de chambre, 15 minutes.
  • Océanides (1986), pour orchestre de chambre, 14 minutes 12.
  • Sur la margelle du monde (1987), pour orchestre de chambre, 11 minutes 55.
  • Vent solaire (1989-1990), pour shakuhachi et orchestre, 18 minutes 47.
Sources
  • Daumont, Éliane, « Geneviève Calame. Profession : compositrice », Femmes suisses et le mouvement féministe, vol. 70, no 10, 1982, p. 22-23.
  • Rosset, Dominique, « Musique : mesdames les compositeurs. Soupirs crescendo », L’hebdo, 2 aout 1984, p. 38-41.
  • Duarte, Florence, « La musique entre à l’hôpital cantonal de Genève », Le nouveau quotidien, 14 mai 1993, p. 23.
Bibliographie

Emplacement temporaire des plaques du Projet 100Elles*

Femme* ayant obtenu un nom de rue officiel

100 Elles* - Le recueil

Retrouvez cette biographie dans le recueil

L’avenue Ruth Bösiger ? La rue Grisélidis Réal ? Ou le boulevard des Trente Immortelles de Genève ? Si ces noms ne vous disent rien, c’est parce que ces rues n’existent pas. Ou pas encore... À Genève, l'Escouade a fait surgir cent femmes* du passé où elles avaient été enfouies, en installant de nouveaux noms de rues dans la ville. Le livre 100Elles*constitue le recueil de ces cent portraits illustrés.

Cent biographies de femmes ayant marqué l'histoire du VIe au XXe siècle pour lutter contre l'effacement des figures féminines de la mémoire collective et les mécanismes patriarcaux de l’historiographie.

Cet ouvrage est le fruit d'un travail collaboratif, local et inclusif. Rédigé par des historiennes de l’Université de Genève et réalisé sous la direction de l’Escouade, il est illustré par dix artistes genevoises, alumnae de la HEAD – Genève, partenaire du projet.

Ouvrage disponible en librairie et sur le site des Editions Georg: https://www.georg.ch/livre-100elles