Monique BAUER-LAGIER

1922-2006, Conseillère nationale et conseillère aux États

Née en 1922 à Meyrin, décédée à Onex en 2006. Monique Bauer-Lagier passe son adolescence à Onex, commune d’origine de la famille Lagier, et montre son engagement pour différentes causes tout au long de sa vie. Sensible aux questions de l’environnement, des inégalités sociales et de la reconnaissance des femmes, elle siègera pendant un mandat au Conseil national et pendant trois mandats consécutifs au Conseil des États.

Reconnaissant avoir reçu une éducation stricte et tournée vers l’entraide, elle considère que c’est grâce à cette formation de conscience qu’elle doit son indépendance d’esprit. Monique Bauer-Lagier poursuit des études pédagogiques, ne pouvant suivre la filière universitaire des Lettres comme elle le souhaite, ses parents favorisant les fils de la fratrie. Enseignante pendant dix ans, elle se consacre ensuite à sa famille et à l’action sociale. En 1963, elle vit de près l’intense période d’urbanisation à Onex avec la construction de logements HLM. Elle participe à l’accueil des nouveaux habitants et notamment à l’organisation de cantines, de crèches et d’autres structures. En 1973, elle est élue au Grand Conseil de Genève, dans une optique de continuation de ses engagements sociaux. Une de ses premières motions est pour valoriser la récupération du papier et du verre.

Élue au Conseil national en 1975, elle s’engage pour faire reconnaitre l’égalité entre les femmes et les hommes et pour obtenir une juste représentation des jeunes et des femmes. Elle prend notamment part à la commission pour le nouveau droit matrimonial ainsi qu’à la commission qui permettra l’inscription dans la Constitution du principe de l’égalité des droits entre hommes et femmes. Monique Bauer-Lagier refuse par ailleurs un poste dans l’administration d’une grande banque, afin de maintenir son autonomie et sa liberté d’action. De sensibilité libérale, elle considère que le libéralisme est indissociable de la solidarité sociale. Elle est elle-même tournée prioritairement vers autrui et le soutien aux plus démunis. Elle souhaite notamment ouvrir les droits démocratiques et le dialogue entre population et politiques. En 1979, à l’issue de son mandat au Conseil national, une distance se crée avec le Parti libéral. Elle est considérée comme trop indépendante, mais se présente toutefois au Conseil des États. Elle passe en tout douze ans à l’Assemblée fédérale.

Active pour la protection environnementale et contre le nucléaire, agissant dans une perspective de réflexion globale et à long terme, elle préside plusieurs associations telles que Pain pour le prochain, Aide suisse contre le sida, l’Institut international de recherches pour la paix de Genève ou encore l’organisation Nord-Sud. Sensible à de multiples domaines, elle s’engage par ailleurs dans la lutte contre les méfaits de la drogue.

Amatrice de littérature, elle maitrise quatre langues et a notamment suivi pour son plaisir des cours de philosophie et de littérature à l’Université de Genève. Elle rédige par ailleurs ses mémoires sur son parcours en politique dans lequel elle développe différents aspects concernant la reconnaissance des femmes tant sur le plan politique du droit de vote que sur leurs capacités propres.


(JR)

Œuvre
  • Bauer-Lagier, Monique, Une femme en politique : mémoires d’une conseillère aux États de Genève, Genève, Labor et Fides, 1996.
Bibliographie