Michelle NICOD

~1519-1618, Libraire-imprimeuse

Née vers 1519 à Cumigny et morte le 3 janvier 1618 à Genève. Presque centenaire, Michelle Nicod travaille comme imprimeuse, éditrice et libraire jusqu’à ses derniers jours. Elle commence par travailler en collaboration avec son époux, Jean Durant, qu’elle remplace durant ses nombreux et longs voyages, puis reprend l’atelier de celui-ci à sa mort, en 1588. Elle imprime et édite de nombreux livres de toutes sortes : œuvres poétiques, livre de remèdes médicinaux, manuels scolaires ou encore livres de Psaumes, sous le nom de « veuve Durant », puis sous son nom propre. Son succès est visible par la présence de livres portant son nom dans les bibliothèques de Toulouse, Grenoble ou Avignon. Malgré son remariage avec le notaire Olivier Dagonneau, elle continue à mener ses affaires indépendamment, n’ayant besoin de la présence de son époux que pour la conclusion de contrats. Cela fait d’elle un exemple rare de femme indépendante, car la majorité des femmes imprimeuses de cette époque se contentaient de reprendre un temps le commerce de leur défunt époux avant de le transmettre à un fils ou à un gendre.

Elle obtient le privilège d’imprimer les Ordonnances de la Cité de Genève, donné par le Petit Conseil, preuve d’une bonne réputation dans le milieu et qui fait d’elle presque l’imprimeuse officielle de la République ; une preuve de plus de son statut exceptionnel de femme indépendante.

En plus de ses fonctions d’imprimeuse et d’éditrice, Michelle Nicod possède également un atelier de reliure, ainsi que des boutiques à Genève, Lausanne et même à Neuchâtel, ce qui fait d’elle une véritable femme d’affaire, gérant la production des livres de l’imprimerie jusqu’à la vente.

Vers la fin de sa vie, les désaccords entre elle et sa fille les mèneront à un procès qui durera un certain temps. Elle se retrouve également en conflit avec l’Hôpital en 1610 : elle y va tout d’abord comme pensionnaire, en raison de son âge, mais décide rapidement qu’elle préfère rester chez elle et choisit de continuer à travailler, après quoi l’Hôpital retient certains de ses biens en gage pour des frais non payés, ce qui la motive d’autant plus à continuer son activité afin de rembourser ces dettes. Michelle Nicod reste en activité jusqu’à sa mort, à 99 ans.


(NS)

Bibliographie