Marie-Louise MIGNOT

Marie-Louise MIGNOT

dite Madame Denis, 1712-1790, Salonnière

Née le 12 février 1712 à Paris, et morte le 10 aout 1790 à Paris. Fille de Pierre-François Mignot (1737), correcteur des comptes, et de Marguerite-Catherine Arouet (1686-1726), Marie-Louise Mignot est, par sa mère, la nièce de Voltaire, qui devient son tuteur à la mort de son père. Indépendante d’esprit, elle choisit d’épouser, en 1738, Nicolas-Charles Denis, commissaire ordinaire des guerres, au détriment d’une alliance avantageuse désirée par son oncle. Elle est alors connue comme Madame Denis (nom qu’elle garde comme signature dans sa correspondance). Veuve en 1744, elle ouvre, après son deuil, un salon à la mode à Paris, fréquenté par des hôtes de marque, et c’est autour de 1745 que les rapports entre oncle et nièce évoluent pour devenir amoureux. Elle emménage chez Voltaire et sera sa compagne et complice jusqu’à sa mort, mais ne renoncera pas à son indépendance tant personnelle qu’affective, ce qui mènera parfois à des conflits et tensions. Quand Voltaire accepte l’invitation de Frédéric II de Prusse à Postdam et Berlin, en juillet 1750, elle reste à Paris. En l’absence de son oncle, Marie-Louise Mignot gère une partie de ses affaires et s’emploie notamment à négocier au Théâtre-Français et à la Cour. Alors qu’il se trouve à Colmar et est en difficulté – il se voit dans l’impossibilité de revenir dans la capitale – elle décide de le rejoindre. Nièce et oncle arrivent en Suisse le 12 décembre 1754, et résident d’abord à Prangins, avant de s’installer en mars de l’année suivante à la demeure « Les Délices », à Genève, acquise par le biais d’un prête-nom. Le salon des Délices s’ouvre sur des soirées de bals, de jeux d’esprit, mais aussi en particulier de théâtre où hôte et hôtesse montent sur les planches, entrainant leurs invités à leur suite. Passionnée de théâtre, Marie-Louise Mignot est appréciée aussi bien pour sa récitation que pour ses talents de musicienne, excellant au clavecin. Partageant leur temps entre Genève et Lausanne, où ils ont également une propriété, ils mènent ainsi une vie mondaine, recevant beaucoup, et Marie-Louise Mignot tient non seulement le rôle de gouvernante, administrant la maisonnée, mais aussi celui de secrétaire pour la correspondance. Des tensions avec les autorités de Genève conduisent le couple à Ferney, seigneurie en pays de Gex, à partir d’octobre 1758. Une dispute éclate en 1768, menant au départ de Marie-Louise Mignot, qui ne revient qu’en 1769, à ses conditions. En 1778, ils retournent à Paris, où Voltaire meurt en mai. Nommée légataire universelle de son oncle, elle vend ses papiers ainsi que sa bibliothèque à Catherine II de Russie et le domaine de Ferney au marquis de Villette. Faisant fi du scandale, elle se remarie en 1780 avec François Duvivier, commissaire des Guerres de dix ans son cadet. Elle continue à mener une existence mondaine comme salonnière et garde sa passion pour le théâtre, encourageant certains auteurs débutants, restant à Paris jusqu’à son décès en aout 1790. Épistolière vivante et appréciée, plus de trois-cents lettres sont conservées de sa correspondance avec Voltaire.


(JS)

Bibliographie
Sources
  • Voltaire, Lettres d’amour à sa nièce, éd. Théodore Besterman, Paris, Plon, 1957.
  • L’Affaire Paméla : lettres de M. de Voltaire à Mme Denis, éd. Andrà Magnan, Paris, Paris-Méditerranée, 2004.
Travaux
  • Ferrero, Monique, « Marie-Louise Denis », in Deuber-Ziegler, Erika, Tikonov, Natalia (dir.), Les femmes dans la mémoire de Genève, Genève, Editions Suzanne Hurter, 2005, pp. 76-77.
  • « Marie-Louise Mignot », in Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Louise_Mignot).
  • Pascal, Jean-Noël, « Denis, Marie-Louise Mignot », in Krief, Huguette, André, Valérie (dir.), Dictionnaire des femmes des Lumières, A-K, Paris, Honoré Champion, 2005, pp. 349-353.
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