Maria EDGEWORTH

Maria EDGEWORTH

1767-1849, Écrivaine

Née le 1er janvier 1768 à Black Bourton, en Oxfordshire et décédée le 22 mai 1849 à Edgeworthstown, en Irlande, Maria Edgeworth est une pédagogue et romancière anglo-irlandaise. Au cours de ses voyages en Europe, elle a séjourné quelque temps à Genève, où elle a été bien accueillie par le milieu intellectuel et littéraire de la ville qu’elle a rapidement intégré.

Fille d’Anna Maria Elers (1743-1773) et de Richard Lovell Edgeworth (1744-1817), après la disparition de sa mère, elle étudie dans l’école de Madame Lattafière, où elle s’est mise à écrire – notamment des lettres destinées à son père – ainsi qu’à inventer des histoires, puis dans l’établissement londonien réputé de Madame Devi, où on lui enseigne les arts d’une jeune fille accomplie. Elle retourne à Edgeworthstown à l’âge de seize ans. Elle y passera la majeure partie de sa vie. Elle s’occupe activement de ses nombreux frères et sœurs, et devient également l’assistante de son père, propriétaire terrien, auteur et inventeur, qu’elle aide à gérer le domaine familial. En gérant ses affaires dans la pièce à vivre, Richard Edgeworth permet à sa fille d’acquérir des connaissances pratiques, et lui transmet en même temps l’habitude de travailler là, au milieu d’une pièce remplie entre autres d’enfants. Maria Edgeworth est encouragée à écrire par son père – fait peu commun à l’époque, où les écrivaines étaient souvent découragées par leur réseau familial. Fille et père seront coauteurs de certains ouvrages, comme Practical Education (1798), livre donnant des conseils d’éducation des enfants, basé sur leur expérience (au moins treize des vingt-et-un frères et sœurs de Maria Edgeworth étaient éduqués à la maison). Avec Letters for Literary Ladies (1795), sa première publication, qu’elle écrit à l’insu de son père, elle encourage l’éducation des femmes. La carrière littéraire de Maria Edgeworth ne se concentre pas uniquement sur les questions d’éducation. Elle écrit de nombreux romans et aborde des questions historiques ou politiques.

Durant sa vie, Maria Edgeworth effectue un certain nombre de voyages. Entre aout et octobre 1820, elle séjourne en Suisse, près de Genève, dans une propriété de Pregny. Lors de nombreuses sorties et soirées à Genève et dans ses alentours, elle se retrouve entre autres en compagnie de Charles Pictet de Rochemont, traducteur de Practical Education et éditeur de la Bibliothèque britannique – un périodique scientifique et littéraire genevois crée en 1796, qui a largement contribué à la diffusion de la culture et de la science britannique dans le continent –mais fréquente aussi le fils de Mme de Staël, Auguste de Staël, le botaniste Auguste Pyrame de Candolle ou encore l’écrivaine Albertine Necker de Saussure.

Autrice de profession, Maria Edgeworth est bien payée pour ses ouvrages. De façon générale, ses romans peuvent être qualifiés de moralistes : ils cherchent souvent à mettre en avant des réflexions sur les mœurs et les comportements et démontrent une grande capacité d’analyse des comportements humains. Ses romans étaient plus lus en Angleterre à son époque que ceux de Jane Austen et de Mary Wollstonecraft, ses contemporaines. Traitant de thèmes diversifiés, les ouvrages de Maria Edgeworth s’adressent aux amateurs de romans, comme aux parents en quête de conseils ou à la jeunesse.

Au sommet de sa carrière, en 1842, elle est nommée membre honoraire de l’académie royale d’Irlande.


(NS)

Œuvres (sélection)
  • Éducation pratique, [traduction libre de l'anglais de Maria Edgeworth par Charles Pictet, Genève], Paris, Imprimerie de la Bibliothèque britannique, an VIII [1800].
  • L'ami des parents, [trad. de l'anglais par Charles Pictet], Genève, Paris, Bibliothèque de la jeunesse, 1832.
  • Maria Edgeworth in France and Switzerland: Selections from the Edgeworth Family Letters, Christina Colvin (éd.), Oxford, Oxford University Press, 1979.
Bibliographie
  • Alville (soit Alix von Wattenwyl), Anna Eynard-Lullin et l’époque des congrès et des révolutions, Lausanne, P. Feissly, 1955.
  • « Anna Eynard-Lullin », in Wikipédia, (https://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Eynard-Lullin).
  • Dommen, Bridget, Dommen, Caroline, Mademoiselle de trop : l’histoire d'Anna Eynard-Lullin, ambassadrice pour Genève, La joie de lire, Genève, 2014.
  • Ghervas, Stella, Herrmann, Irène, « Anna Eynard-Lullin (1793-1868) », in Deuber Ziegler, Erica, Tikhonov, Natalia (dir.), Les femmes dans la mémoire de Genève, Genève, Éd. Suzanne Hurter, 2005, pp. 82-83.
  • Vaj, Daniela, « Anna Eynard-Lullin », in Dictionnaire historique de la Suisse, (https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/026541/2008-07-07/).