LEE Ya-Ching
Source/Pionnair-GE

LEE Ya-Ching

1912-1998, Actrice et aviatrice

Lee Ya-Ching est une actrice et aviatrice chinoise ayant tenu un rôle de premier plan dans l’histoire de l’aviation. Elle nait le 16 avril 1912 dans le district administratif de Haifeng, province du Guangdong. Orpheline de mère, elle est élevée par son père, Syatsin Ya-Ching, qui l’éduque de manière à lui permettre de pratiquer de nombreuses activités considérées à l’époque comme « réservées aux garçons », telles que les arts martiaux ou l’équitation.

Elle commence à 13 ans une carrière d’actrice et joue dans six longs-métrages (dont la première adaptation au cinéma de Mulan) avant d’être envoyée en Angleterre par son père trois ans plus tard, afin d’y terminer ses études. C’est à Londres qu’elle rencontre son premier mari, avec lequel elle aura par la suite deux enfants, et dont elle finit par se séparer une dizaine d’années plus tard.

C’est en 1932, à l’occasion de la treizième édition du Salon de l’aviation du Bourget, qu’elle décide que sa vie prendra un autre cours : elle deviendra la première femme aviatrice de Chine. Elle obtient sa toute première licence de vol à Genève, à l’aéroport de Cointrin, en 1934. Elle y obtient ensuite un second brevet, lui permettant de suivre des cours d’aviation aux États-Unis. Emblématique du tempérament de Lee, un incident lors d’un exercice de vol en 1935 à San Francisco, durant lequel, sa ceinture s’étant de détachée et se sentant glisser en dehors de l’avion, elle poursuit néanmoins son premier exercice de vol acrobatique jusqu’au bout. Elle accomplit cette action périlleuse, car elle refuse de remettre en question les efforts accomplis précédemment pour intégrer l’univers masculin de l’aviation. Après avoir obtenu une licence de pilote privé aux États-Unis, elle retourne à Shanghaï à la fin de l’année 1935 et devient la première femme de l’histoire de Chine à obtenir le brevet de pilote ; elle y devient également la première femme instructrice de l’école d’aviation civile de Shanghaï, dont elle a largement participé à la fondation. Enfin, elle est la première femme à exécuter en Chine une prestation publique de voltige à l’occasion d’un évènement officiel – les 50 ans de Tchang Kaï-chek.

L’invasion de la Chine par le Japon en juillet 1937 ébranle Lee Ya-Ching, qui propose aussitôt son aide en tant qu’aviatrice de combat d’abord, de transport ensuite. Ces deux offres successives sont repoussées par le gouvernement chinois. Lee, profondément contrariée, mais souhaitant malgré tout soutenir son pays, ouvre alors sur ses fonds personnels un centre d’accueil d’urgence des blessés de guerre – qui deviendra ensuite un hôpital de la Croix-Rouge –, un centre d’accueil pour les orphelins de guerre et une station de radio participant à l’organisation de la résistance. Sa tête est mise à prix par les autorités japonaises et elle se voit contrainte de fuir Shanghaï lors de l’invasion de la ville par les troupes japonaises en 1938. Elle décide cependant de continuer à aider son pays de l’étranger : elle vend bon nombre de ses possessions afin d’acquérir un avion, avec lequel elle engage une campagne de collecte de fonds aux États-Unis destinée à financer des associations d’aide aux réfugiés chinois. Cette campagne sera la première d’une série de collectes, qu’elle mènera de 1939 à 1945 afin de promouvoir, notamment, l’action de la Croix-Rouge dans les conflits armés.

À la fin de la guerre, Lee Ya-Ching tente de poursuivre sa carrière de pilote en Chine. Elle est à nouveau rejetée par le milieu de l’aviation, retourne alors à San Francisco et y repasse un brevet de pilote, le sien ayant expiré. Elle s’installe à Oakland et y termine ses jours, n’ayant plus volé que pour son plaisir. Elle meurt le 28 janvier 1998, à l’âge de 85 ans.


(FV)

Bibliographie