Julienne-Christine PIACHAUD
Piachaud au centre avec la chemise blanche

Julienne-Christine PIACHAUD

1894-?, Fonctionnaire de la Société des Nations

Née le 26 septembre 1894 à Ivry-sur-Seine, en France, et décédée à une date inconnue, Julienne Christine Mayras-Piachaud était la cheffe du Service de sténographie du Secrétariat de la Société des Nations pendant dix-neuf ans, de 1922 à 1941.

Peu de choses sont connues sur la jeunesse de Julienne Piachaud. Avant de rejoindre Genève en 1920, elle était secrétaire personnelle dans sa région d’origine, Ivry-sur-Seine, et aurait travaillé en tant que sténographe pendant neuf ans. Elle rejoint la Société des Nations à vingt-cinq ans, d’abord en tant que simple sténographe. C’est à peine deux ans plus tard qu’elle devient cheffe de service. À cette époque, un service de sténographie et de dactylographie est indispensable au bon fonctionnement d’une administration et est en général exclusivement féminin. C’est également le cas à la Société des Nations, où c’est le plus grand service de tout le Secrétariat, composé de plus de cinquante femmes en 1932, toutes sous la supervision de Julienne Piachaud. Toutefois, Julienne Piachaud n’est pas considérée à l’égal de ses collègues masculins des services de distribution et de ronéographie. Elle s’en plaint d’ailleurs au secrétaire général dès sa promotion en 1922, mais en 1929, elle est toujours payée 2.750 francs de moins que son collègue en charge de la distribution. Julienne Piachaud, malgré quelques problèmes anecdotiques avec ses supérieurs, a la réputation d’avoir une main de fer au sein de son service, tout en protégeant toujours ses employées en cas de conflits internes au Secrétariat.

Julienne Piachaud quitte le Secrétariat après la mort de son mari, Renée-Louis Piachaud, en 1941. Lui aussi fonctionnaire du Secrétariat, elle l’avait rencontré peu de temps après être arrivée à Genève, ce qui lui fit perdre sa nationalité française, remplacée par la nationalité suisse de son mari, une pratique systématique à l’époque. On ne sait rien de ses occupations après son départ de la Société des Nations, ni quand et où elle serait décédée. Pourtant, son mari est bien connu de l’histoire genevoise, écrivain polémique, parfois accusé de proximité avec le fascisme, il possède une rue à Plainpalais et un fonds d’archives aux Archives de la ville.


(MP)

Sources
  • Julienne Piachaud, file 2825. In Archives de la Société des Nations, Section files, Personnel files, box S. 854bis, B. 65/ Shelf 56.
Bibliographie
  • « Julienne Christine Piachaud », in LONSEA database (http://www.lonsea.de/pub/person/9662)
  • Gardey, Delphine, La dactylographe et l’expéditionnaire : histoire des employés de bureau, 1890-1930, Paris, Belin, 2001.
  • Guerry, Linda, and Rundell, Ethan « Married Women’s Nationality in the International Context (1918-1935). » Clio (English Edition), no. 43, 2016, pp. 73–94.
  • Piguet, Myriam, « Gender Distribution in the League of Nations: The Start of a Revolution? », in Gram-Skjoldager, K., Ikonomou, H., (eds), The League of Nations: Perspective from the Present (à paraitre), Aarhus, Aarhus University Press, 2019, pp. 60-70.