Josephine BUTLER

Josephine BUTLER

1828-1906, Militante féministe et réformatrice sociale

Josephine Butler, née Grey le 13 avril 1828 en Angleterre, décédée en 1906. Elle a mené de nombreuses luttes pour les droits des femmes et la moralité publique, deux causes qu’elle liait étroitement. Son militantisme est lié à sa foi chrétienne et à la condamnation du principe d’une double morale, qui pardonne à l’homme ce qu’elle condamne chez la femme. Elle défend l’idée que la femme est un être autonome, égal à l’homme. Elle prône une meilleure éducation des femmes. Elle est principalement connue pour son combat contre la prostitution, qu’elle considérait comme un esclavage. Cette lutte est à la fois une bataille politique, législative et une œuvre sociale. Butler crée des maisons d’accueil pour jeunes filles et femmes. En Angleterre, elle fonde en 1870 l’Association nationale des Dames. L’objectif prioritaire est alors de lutter contre les règlementations de la prostitution, introduites au XIXe siècle par de nombreux États européens dans le cadre de la lutte contre les maladies vénériennes. Ces lois permettaient un contrôle disciplinaire des prostituées – ou des femmes soupçonnées de prostitution – et étaient souvent appliquées avec arbitraire. Josephine Butler mène sa campagne par meetings et discours. Les conditions sont difficiles et le fait qu’elle parle de sexualité en public lui amène de violentes inimitiés. Son mari, qui partage ses opinions, fait face avec elle à la situation. Sous la pression, l’Angleterre finit par changer sa législation en 1886 : l’âge de consentement sexuel est relevé à 16 ans, les trafiquants et tenanciers de maisons closes sont passibles de peines.

Des mouvements du même type émergent dans tous les pays occidentaux contre les législations et pour l’interdiction des maisons closes. Le but est avant tout d’interdire l’exploitation sexuelle et la traite des femmes et des jeunes filles. Josephine Butler voyage en Europe pour coaliser les forces. Elle rédige des dizaines de livres et de pamphlets. Elle vient très régulièrement en Suisse et en particulier à Genève pour mener ces combats. Elle contribue à fonder à Genève en 1875 la Fédération abolitionniste internationale pour lutter contre la prostitution règlementée et contre le trafic de femmes. Elle a fortement marqué le féminisme genevois et était liée aux militantes du canton, telle Marie Goegg-Pouchoulin. À sa mort, elle reste, dans la mémoire du mouvement, une pionnière importante pour son engagement et pour ses principes, même si ses stratégies politiques ne sont pas partagées par tous les courants féministes et que la morale puritaine qui préside à son combat contre la prostitution est, depuis, largement contestée.


(SSl)

Bibliographie
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