George ELIOT
Portrait de George Eliot vers 1849 peint par François d’Albert-Durade, huile sur toile, National Portrait Gallery, Londres (image provenant de Wikipedia).

George ELIOT

1819-1880, Écrivaine

George Eliot, de son vrai nom Mary Ann Evans, est née en 1819 dans le Warwickshire et est décédée en 1880 à Londres. Elle a été une romancière, poète, journaliste, traductrice et critique de l’époque victorienne.

Dès ses cinq ans et jusqu’en 1836, année de la mort de sa mère, elle se forme dans plusieurs écoles. Les trois domaines principaux qui ont influencé sa carrière d’écrivaine sont ses convictions religieuses, son éducation littéraire et ses idéaux politiques. En mai 1849, lors de la mort de son père, Mary Ann Evans refuse d’aller vivre avec son frère et son épouse ; elle décide donc de partir en voyage avec des amis. Une fois arrivée à Genève, elle prend la décision d’y séjourner seule et passe quelques semaines dans une pension, proche des bâtiments qui aujourd’hui abritent l’ONU. C’est à cette période qu’elle commence à tenir un journal, dans lequel elle décrit la beauté de la ville. Elle se réfère à Genève comme « le genre de ville romantique dans laquelle il serait merveilleux de passer un an, en lisant et réfléchissant dans un attique ». Dix ans après son voyage, Mary Ann Evans reprendra ses notes pour son roman The Lifted Veil. En octobre, Evans rencontre les époux d’Albert-Durade, tous deux peintres suisses, avec qui elle se lie d’amitié et chez lesquels elle s’installe pendant cinq mois environ, dans leur maison à la rue de la Pélisserie. En mars 1850, elle décide de retourner dans son pays natal, mais continuera à échanger des lettres avec les d’Albert-Durade pendant plusieurs années.

Mary Ann Evans s’installe donc à Londres où, grâce à son amitié avec Charles Bray, elle rentre rapidement dans le monde de la politique et du journalisme. Lorsqu’elle choisit son nom de plume, environ en 1856, Evans était déjà connue en tant qu’éditrice, critique littéraire et traductrice. C’est avant tout pour cela que, lorsqu’elle décide de publier son premier roman, elle choisit de ne pas utiliser son vrai nom. Elle ne veut pas être associée à ses travaux déjà parus. Une autre raison qui la pousse à utiliser un pseudonyme est qu’elle veut que sa vie reste privée. Ce choix se base aussi et surtout sur le fait qu’à cette époque, les romans publiés par des femmes étaient considérés uniquement comme étant sentimentaux ou frivoles.

Dans ses romans, elle met en avant des protagonistes féminines déterminées, qui luttent contre la violence domestique (cf. Scenes of Clerical Life), ou qui se battent pour que leurs capacités soient reconnues (cf. The Mill on the Floss). Son premier roman Adam Bede, publié en 1859, connait un succès immédiat. Ses lecteurs veulent alors savoir qui se cache derrière le pseudonyme de George Eliot, donc Evans finit par révéler son identité. Cette révélation n’a pas d’effets sur sa carrière d’écrivaine, et durant les quinze années suivantes, Mary Ann Evans écrit plusieurs romans dans lesquels elle met en avant ses idées politiques. Dans Middlemarch par exemple, elle introduit le thème politique de la réforme du Reform Act de 1832 ; et dans plusieurs de ses romans, les femmes sont fortes, intelligentes et pleines de ressources. Elle meurt d’une infection au rein en 1880, âgée de soixante-et-un ans.


(BC)

Œuvres (sélection)
  • Scenes of Clerical Life (1857), Oxford, Oxford University Press, 2002.
  • The Lifted Veil (1859), New York, Melville House, 2007.
  • The Mill on The Floss (1860), Londres, Penguin Classics, 2003.
  • Middlemarch (1871), New York, Penguin Classics, 2003.
Bibliographie
  • Beer, Gillian, George Eliot, Brighton, The Harvester Press, 1986.
  • Hanson, Lawrence, Hanson, Elisabeth, Marian Evans and George Eliot: a biography, Londres, Oxford University Press, 1952.
  • Ozouf, Mona, L’autre George : à la rencontre de George Eliot, Paris, Gallimard, 2018.
  • Rignall, John, Oxford Reader’s Companion to George Eliot, Oxford, Oxford University Press, 2000, pp. 212-228.
  • Tayor, Ina, George Eliot: Woman of Contradictions, Londres, Weindenfeld and Nicolson, 1989.