Élise CABOSSEL
Source/Archives du BIT

Élise CABOSSEL

1900-1982, Syndicaliste

Née le 28 juin 1900 à Rennes et décédée le 23 février 1982 à Meyrin, Élise Cabossel est issue de l’union de Louis Cabossel, tanneur et militant à la Confédération générale du travail (CGT), et de Jeanne Marie Joly, de profession inconnue. Durant sa très longue vie professionnelle et activiste (1920-1976), elle travaille et milite au sein d’organisations syndicales françaises et internationales, au sein de la Résistance française lors de la Seconde Guerre mondiale et devient fonctionnaire internationale de l’Organisation internationale du travail (OIT) à partir de 1959. Cabossel passe son Brevet élémentaire en 1915 à Rennes, puis obtient le diplôme de sténotypiste parlementaire délivré par l’École supérieure de secrétariat de Paris en 1918. Elle séjourne ensuite une année à Mayence pour étudier la langue allemande. Secrétaire de l’Union des syndicats d’Ille-et-Vilaine de 1919 à 1920, elle est engagée en 1920 à la CGT, syndicat français des salariés, comme secrétaire de Léon Jouhaux, le secrétaire général de l’organisation. Elle y occupe en outre les fonctions de cheffe du pool dactylographique ainsi que de sténotypiste lors de différents comités et congrès. Elle-même syndiquée, elle milite auprès du Syndicat des employés de Paris.

Membre active de la Résistance française à Paris dès septembre 1940, elle œuvre notamment comme secrétaire de Louis Saillant. Ce dernier, membre de Bureau confédéral de la CGT, syndicat indépendant sous Vichy, en est le représentant pour la zone Nord. Il s’implique également dans la Résistance clandestine au sein de Libération-Nord. Cabossel a sans doute participé à ces deux types d’activité, car elle semble avoir été arrêtée en 1943 par la Gestapo, la police politique nazie à laquelle elle aurait réussi à échapper. Selon son curriculum vitae, ses faits de guerre sont reconnus à la Libération et récompensés par la Croix de guerre.

Reprenant son poste à la CGT jusqu’en 1949, elle est ensuite engagée comme cheffe de service et sténotypiste à la Confédération internationale des syndicats libres installée à Bruxelles. En 1950, elle accepte l’emploi de secrétaire de direction dans une usine de production de faïence en Afrique du Sud. L’entreprise faisant faillite en 1958, elle obtient un emploi de secrétaire à la Division des enquêtes sur la liberté syndicale au sein du Bureau international du travail (BIT), secrétariat de l’OIT. Elle s’installe alors à Genève. Engagée sur un contrat de courte durée, selon toute probabilité parce que 1960 marque son passage à la retraite, Cabossel enchaine pendant seize ans les contrats à durée déterminée au sein de l’institution. Elle passe de service en service (Division de la main-d’œuvre, Groupe d’étude spécial pour le Centre international de Turin, Secrétariat du Directeur général adjoint, Cabinet du directeur général). Jugée indispensable notamment grâce à ses connaissances des mouvements syndicaux internationaux, ses chefs successifs insistent pour qu’elle soit prolongée et maintenue au sein de l’institution malgré son âge, l’obligeant à de fréquentes visites médicales. Il semble que des raisons financières la poussent à poursuivre ses activités jusqu’en 1976, elle n’est en effet pas au bénéfice d’une pension de retraite. Elle décède à Meyrin le 23 février 1982.


(LM)

Source
  • « Mlle Cabossel, E. M. », in Archives du Bureau international du travail, Dossier du service du personnel, P. 8528, dossiers A, B, C.
Bibliographie