Albertine NECKER De SAUSSURE
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Albertine NECKER De SAUSSURE

1766-1841, Écrivaine et pédagogue

Albertine Necker de Saussure est une écrivaine genevoise, autrice d’une œuvre pédagogique monumentale, dont notamment les parties consacrées à l’éducation des filles ont un caractère pionnier.

Albertine Adrienne de Saussure nait le 9 avril 1766 à Genève. Ses parents, Albertine Amélie Boissier (1745-1817), et Horace-Bénédicte de Saussure (1740-1799), appartiennent à la haute société genevoise savante du XVIIIe siècle. La jeune fille grandit dans un milieu privilégié et montre très tôt ses aptitudes pour l’apprentissage des langues ainsi que son intérêt pour les sciences naturelles et humaines. Durant ses années de formation, Albertine de Saussure voyage en Italie (en 1772). En 1785, elle épouse Jacques Necker (1757-1825), qui partage avec elle sa curiosité pour les nouvelles découvertes et observations scientifiques.

Après les bouleversements de la Révolution, Albertine Necker de Saussure tient un salon dans sa demeure de Cologny, où elle reçoit les beaux esprits de l’époque. Elle entretient d’excellentes relations avec Germaine de Staël, son amie et cousine par alliance, qui l’invite régulièrement dans son château de Coppet. Toutefois, en raison d’une surdité précoce, Necker de Saussure se sent plus à l’aise chez elle que dans les salons, où pourtant elle brille par son intelligence. À la Restauration, elle rencontre un certain succès avec sa traduction de l’allemand du Cours de littérature dramatique (1814), l’ouvrage célèbre du poète et philosophe Auguste Schlegel, avec son Essai sur Robert Owen (1816) et surtout avec sa Notice sur le caractère et les écrits de Madame de Staël (1820), décédée quelques années plus tôt. Enfin en 1828 commence à paraitre L’éducation progressive, ou Étude du cours de la vie, premier tome de son immense œuvre consacrée aux meilleures méthodes pédagogiques pour éduquer les enfants, et où elle met aussi en avant sa propre expérience de mère de quatre enfants. Le deuxième volume parait en 1832, le troisième en 1838.

Necker de Saussure accorde une importance toute particulière à l’éducation des jeunes femmes. Elle revendique pour les filles une formation mixte et dépourvue de préjugés sexistes. Selon elle, le cursus de tout enfant et de tout adolescent devrait comprendre la littérature, les langues étrangères, les sciences naturelles, l’histoire, la géographie, les beaux-arts, la gymnastique. Albertine Necker de Saussure s’insurge surtout contre la mise à l’écart des femmes des domaines savants que les hommes monopolisent. L’éducation progressive fait figure d’œuvre pionnière en formulant de façon exemplaire comment mettre en place une éducation féminine indépendante, aux implications morales, mais très concrètes dans ses objectifs. Albertine Necker de Saussure décède le 13 avril 1841 à Mornex en Savoie.


(NdF)

Œuvres
  • Notice sur le caractère et les écrits de Madame de Staël, Paris, Dambray, 1820.
  • L’éducation progressive, ou Etude du cours de la vie, (tome I : étude de la première partie de l’enfance), Paris, Sautelet et Cie, 1828.
  • L’éducation progressive, ou Etude du cours de la vie, (tome II : étude de la dernière partie de l’enfance), Paris, Sautelet et Cie, 1832.
  • Études de la vie des femmes, Bruxelles, 1838.
  • Cours de littérature dramatique, Paris, Lacroix, Verbroeckoven et Cie, 1865, 2 volumes.
Bibliographie
  • « Albertine Necker de Saussure », in Faces à faces 06/09, Catalogue de l’exposition Uni Dufour, Genève, UNIGE, 2009.
  • Grunder, Hans-Ulrich, « Albertine Necker », in Dictionnaire historique de la Suisse, (https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/009048/2009-07-09/).
  • Jakubec, Doris, « Albertine Necker de Saussure », in Deuber Ziegler, Erica, Tikhonov, Natalia (dir.), Les femmes dans la mémoire de Genève. Du XVe au XXe siècle, Genève, Éditions Suzanne Hurter, 2005, pp. 68-71.
  • Kuner, Dominique, « Albertine Necker de Saussure », in Pionnières et créatrices en Suisse romande. XIXe et XXe siècles, Genève, Service pour la promotion de l’égalité entre homme et femme, Slatkine, 2004, pp. 288-295.